Et oui, c’est la distance exacte que nous avons parcouru entre lundi et jeudi soir pour découvrir les merveilles de cette île. Mais avant de rentrer dans le détail, il convient de vous présenter ce petit bout de terre perdu au milieu du Pacifique. Je vais essayer de la faire courte, même si l’histoire culturelle et politique de ce territoire est extrêmement riche.
Tout d’abord, la Nouvelle Calédonie (18 580 km2) se situe dans la partie sud-ouest de l’océan Pacifique, au nord du tropique du Capricorne. Il s’agit d’un archipel qui comprend la Grande Terre, l’île des Pins, les îles Loyauté (Ouvéa, Lifou et Maré) et les minuscules îles Belep. Nous sommes à environ 20 000 kms de la France.
La Nouvelle Calédonie
Les premiers habitants du Pacifique occidental, des chasseurs-ceuilleurs venus d’Asie du Sud-Est se sont installés dans la région il y a 50 000 ans. Les premiers européens arrivent en Nouvelle Calédonie au XVIIIème siècle. L’archipel est alors habité par 60 000 Mélanésiens et Polynésiens. L’explorateur James Cook (toujours lui…) découvre la grande terre en 1774. C’est lui qui la nomme Nouvelle Calédonie. Il passe 10 jours à explorer l’île, découvre l’île des Pins par la même occasion mais pas les îles Loyauté.
Ce n’est que 14 ans plus tard que la France s’y intéresse. Les britanniques, américains et australiens sont les premiers à “piller” la Nouvelle Calédonie et les îles alentours… Peu à peu, des missionnaires catholiques s’installent sur l’ile et c’est en 1853 que les français, qui ont besoin d’une base militaire stratégique dans le Pacifique et d’une alternative à la colonie pénitentiaire de l’île du diable au large de la Guyane où sévit le paludisme. La France annexe la Nouvelle Calédonie à la France sous les ordres de Napoléon III.
La Nouvelle Calédonie devient une colonie pénitentiaire et la France exile de nombreux forçats à l’autre bout du monde. Jusqu’en 1897, près de 25 000 personnes ont été déportés en Nouvelle Calédonie. Une fois libérés, la majorité d’entre eux sont contraints de s’installer sur l’île.
La colonisation à grande échelle débute vers la fin du XIXème. En leur imposant un statut légal inférieur, les Kanak (originaires de l’île) se situent en dehors du droit français. La population locale est contrainte de vivre dans des réserves aménagées dans les montagnes, qu’elle ne peut quitter sans la permission de la police.
Il est important de préciser que pendant les deux guerres mondiales, de nombreux kanaks ont été réquisitionnés pour former le bataillon français du Pacifique. Beaucoup en sont morts.
Après la seconde guerre mondiale, la NC obtient le statut de Territoire d’Outre Mer (TOM). En 1946, la citoyenneté des Kanak est reconnue par la Constitution et progressivement, durant la decennie suivante, ils obtiennent le droit de vote.
Peu à peu, des mouvements indépendantistes se sont formés et la France reconnait en 1983 le “droit inné et actif du peuple Kanak à l’indépendance”. En 1984 commencent “les évènements”, qui tournent à la guerre civile entre les Kanaks, les habitants originaires de l’île (également appelés Mélanésiens) et les Caldoches, les blancs qui descendent des forçats ou des premiers colons français (également appelés Calédoniens). En 1988, les accords de Matignon sont signés et établissent une plus grande autonomie par rapport à la France et prévoient le développement économique des régions Kanaks. 10 ans plus tard, les accords de Nouméa sont signés. Ces accords prévoient la mise en place d’un référendum sur l’indépendance dans un délai de 15 à 20 ans. En 1999, un nouveau pas est franchi lorsque l’accord établit la création d’institutions locales, dont un gouvernement local. L’accord de Nouméa prévoie également le transfert progressif des compétences de l’Etat français au profit du gouvernement de Nouvelle Calédonie.
Voilà donc un petit résumé, qui j’espère n’est pas trop éloigné des réalités de l’histoire de la Nouvelle Calédonie. Chacun en pensera ce qu’il voudra… C’est malheureusement l’histoire bien triste d’un pays colonisé par les européens, et en l’occurence, par nous français.
Cette île est donc plus indépendante encore qu’un TOM puisqu’elle dispose de son propre gouvernement. Elle voit cohabiter majoritairement trois types d’habitants :
- Les Kanak qui sont des Mélanésiens. Ils vivent en grande majorité dans des localités tribales à l’intérieur des terres ou le long de la côte ouest de la Grande Terre, sur l’île des Pins et les îles Loyautés. Cers dernières années, beaucoup ont quitté leur mode de vie traditionnel pour chercher du travail à Nouméa, mais ils restent très attachés à leur clan.
- Les Caldoches ou Calédoniens, qui descendent des forçats exilés sur l’île ou des premiers colons français.
- Les métros ou zoreilles : les français qui viennent en Nouvelle Calédonie pour s’installer quelques années afin d’y travailler.
Tout ce petit monde tente de cohabiter, avec souvent beaucoup de contradictions. Cela n’est pas toujours évident pour les kanak de conserver leur mode de vie traditionnel quand ils sont confrontés à la modernité de notre société capitaliste, avec tout ce qu’il y a de bon et de mauvais. Mais ça n’est pas évident non plus pour les métros de s’intégrer sur une île qui cherche à se protéger, à conserver ses racines…
Les magnifiques fleurs de Nouvelle Calédonie
Nous ne savions rien de la réalité de la Nouvelle Calédonie et nous en apprenons chaque jour un peu plus en discutant avec Emilie et Jérôme bien sur mais aussi parfois avec les gens que nous croisons. Il n’est pas possible d’avoir une opinion définitve sur le sujet puisque nous ne faisons que passer mais nous ne nous attendions pas à de tels contrastes. Sur les conseils de nos charmants hôtes, nous avons donc décidé de partir à la découverte de cette île aux multiples facettes. En effet, Nouméa, la capitale est dotée de nombreuses infrastructures modernes, de magasins français (une re-découverte pour nous). Ici, tout ou presque est importé de France ce qui fait que la vie est horriblement chère. Mais le reste de l’île est complètement différent. Majoritairement déserté par les métros, les terres, qui ont été rendues aux Kanak, sont habitées par les insulaires qui vivent selon leurs traditions, mais parfois tiraillés entre ces dernières et les besoins qui leur ont été créés.
Le bonhomme de Bourail
Nous avons donc loué une voiture lundi et dès 7 heures du matin, nous sommes partis sur les routes en remontant la côte est, tente et provisions dans le coffre. Nous avons fait un premier arrêt à Bourail où nous avons profité de la plage et avons pu observer le Bonhomme de Bourail. Nous avons également lézardé dans la baie des tortues à laquelle nous avons accédé via un tunnel dans la masse rochause. Une promenade sur les hauteurs nous a permis de profiter de la vue splendide sur le lagon. Nous nous sommes ensuite dirigés vers Voh où nous avons passé notre première nuit sous la tente.
La baie des tortues
C’était une première dans notre voyage mais ça n’était pas très difficile étant données les températures plus que clémentes dont nous avons bénéficié. Le seul soucis, c’est que la nuit tombe tôt ici, à 18h00 maximum, il fait nuit noire. Les activités en tente sont donc limitées et nous avons donc pris le pli de nous coucher avec les poules, contrairement à nos habitudes.
Le coeur de Voh photographié par nous, forcément, c'est moins bien
Qui dit couchés tôt dit levés tôt, de toutes façons le meilleur moyen de profiter entièrement de la journée. Voh est le site où Yann Arthus Bertrand a pris sa très célèbre photo qui figure en couverture de son ouvrage “La terre vue du ciel”, vous savez, le fameux coeur créé naturellement par la Mangrove… Evident, il est bien plus facile de le voir du ciel mais c’est une option que nous n’avons pas retenue. Nous avions décidé de grimper sur le mont autant que notre physique nous le permettrait mais nous n’avions aucune idée de la direction dans laquelle regarder. Après 15 minutes de marche, nous sommes arrivés sur une sorte de plateforme qui nous offrait une vue splendide sur les montagnes d’un côté et le lagon de l’autre mais impossible de repérer le fameux coeur. Un 4×4 est alors arrivé, nous avons donc sauté sur l’occasion pour interroger le conducteur, un métro géologue installé sur l’île depuis 4 ans qui nous a gentiment indiquée la direction pour apercevoir ce que nous cherchions et nous a proposé de nous conduire dans les hauteurs pour avoir une meilleure vue. Un coup de chance pour nous, la vue était hallucinante, le lagon magnifique. Le coeur était bien loin et l’angle duquel nous l’observions nous le faisait voir un peu écrasé mais bon, on l’a vu… Nos photos ne sont évidemment pas à la hauteur de celle de notre ami Yann mais on fait ce qu’on peut .
Un stand de vente de sculptures Kanaks
Nous avons ensuite pris la transversale la plus au nord de l’île pour rejoindre la côté ouest. En resdecendant vers le sud, nous avons pu observer une végétation compètement différente, extrêmement verte et fleurie. Sur le bord de la route, les habitants des tribus installent des petits stands dans lesquels ils vendent des fruits, des coquillages, des sculptures… Nous nous sommes dons arrêtés au grès de nos envies pour finalement arriver à Ouabatche où nous avons planté la tente dans un camping au bord de l’eau. La seconde nuit a été plus difficile car nous n’avions pas gonflé le matelas mais utilisé les tapis de sol, ce qui a été plus dur pour notre petit dos et en plus, j’ai un peu honte de le dire, mais le bruit des vagues nous a souvent réveillés. Pas facile la vie .
La cascade de Tao
Mercredi, troisième jour de notre périple, nous sommes allés visiter les cascades de Colnett et de Tao, très impressionnantes. Pour la seconde, on peut monter très haut, au pied de la cascade, en passant par de nombreux bassins naturels. C’était splendide et, en plus, nous avons fait la connaissance d’Ernest, un kanak qui garde l’entrée de la cascade de Tao avec qui nous avons bien discuté et qui nous a offert des pamplemousses énormes. Une rencontre très sympathique dont nous nous souviendrons longtemps.
Nous avons ensuite pris la route pour Hienghène.
Il est possible dans cette ville de réserver une nuit en tribu. Ce que nous avions fait pour le mercredi soir. En fin d’après midi, nous nous sommes donc rendus sur place. Notre objectif était d’échanger avec les habitants sur leur mode de vie, de partager avec eux. L’office de tourisme nous a placé dans la tribu des Werap. Emilie et Jérôme qui maitrisent parfaitement toutes les structures de l’île nous avaient prévenu que cette tribu était très habituée aux touristes et que nous risquions d’être déçus. C’est un peu ce qui s’est passé. En tribu, se pratique “la coutume”, c’est à dire un échange de présents à l’arrivée de nouveaux venus.
Dans notre case
Nous avions donc préparé un petit cadeau et un petit billet sur les conseils de l’office du tourisme mais notre hôte ne semblait pas plus ravie que ça. Elle nous a installé dans notre case (la seule du village, pour les touristes car eux vivent dans des maisons normales). Nous avons essayé d’entamer la conversation mais nous sentions bien qu’ils n’étaient pas plus intéressés que ça. J’ai quand même joué au Bingo (loto) avec les femmes de la tribu, une activité très appréciée ici. Quand est arrivée l’heure du repas, on nous a installé à part dans une pièce pour dîner. Nous qui pensions que nous allions manger tous ensemble et discuter, nous étions un peu surpris. Nous sommes donc allés nous coucher tôt comme à notre habitude et dès le lendemain matin, nous prenions la route à 8h30. Nous ne regrettons pas cette expérience qui nous a permis de voir la réalité des tribus, nous sommes juste un peu déçus d’avoir du aller dans une tribu qui, au final, ressemble plus à un gîte qu’à une réelle expérience d’échanges.
Sam et Marcellin à Poindimié
Jeudi, nous avons donc pris la route très tôt pour redescendre la côte ouest. Toujours une route splendide, des plages paradisiaques, les petits stands des kanaks où nous avons acheté des citrons, des fruits de la passion… Nous avons fait une pause pique nique sur la plage déserte de Poindimié où nous avons rencontré Marcellin, un petit garçon de 8 ans qui séchait l’école et profitait comme un poisson dans l’eau de l’océan. Nous avons pris le temps de discuter avec sa maman et de partager des anecdotes sur l’île. Encore une rencontre mémorable !!! Nous avons repris la route dans l’optique de nous arrêter à Sarraméa, pas très loin de Nouméa pour notre dernière nuit.
A travers les mines de nickel
La route était surprenante, alternant mer et montagne et nous permettant de passer au milieu des mines de nickel, la richesse de l’île. Les couleurs vertes, bleues, rouges, se succédaient à l’infini. Mais la route était sinueuse et longue et la nuit commençait à tomber. Arrivés à Sarraméa, il faisait déjà nuit noire et nous étions dans les hauteurs, la température n’était donc pas idéale pour dormir en tente. Nous avons donc décidé de rentrer directement à Nouméa pour passer la nuit au chaud et préparer notre départ aujourd’hui vendredi vers l’île des Pins.
Nous avons donc fait beaucoup de kilomètres en 4 jours mais nous ne regrettons pas ce petit road trip qui nous a permis de voir les différentes facettes de l’île. C’était splendide, tout simplement.
Nous partons donc ce soir en avion vers l’île des Pins, notre dernier petit caprice avant le retour. Emilie et Jérôme nous accompagnent pour le week end et nous rentrerons mardi… Dimanche 20 juin, ça sera le grand départ pour le retour, 30 heures de voyage nous attendent pour rejoindre la France le lundi 21 juin au soir. On ne réalise pas encore très bien… Même si on essaie de préparer ça au mieux. En effet, pour ceux qui ne sont pas au courant, nous allons récupérer l’appartement d’Audrey dans le 10ème, juste en face de celui que nous occupions avant de partir. C’est une grande chance de pouvoir y habiter directement en rentrant mais nous signons le bail dès le lendemain de notre retour donc nous devons nous organiser pour récupérer nos affaires et emménager le 22 juin, et surtout être opérationnels au plus vite pour vous recevoir dans notre nouveau “chez nous” !!!
Vous trouverez toutes les nouvelles photos là Picasa Sam & Sev et dessous, la petite vidéo du jour.
Plein de bisous à tous et à très vite maintenant !!!
merci pour ce petit cours d’ histoire très intéressant!!!
he oui votre retour approche quel bonheur pour nous!!! mais pas trop pour vous je suppose, quel changement dans votre nouvelle vie…………
ce ne sera que super maintenant!!!!!!
énormes bisous à vous deux à très très bientôt
(merci pour votre adorable carte)
Le retour approche, mais j’espère que vous parvenez à profiter au mieux de cette dernière étape… Enfin, dernière étape, pas vraiment : peut-être que la dernière étape, finalement est la France… Peut-être que vous allez être aussi déboussolés qu’à votre atterrissage en Inde… Si c’est le cas, pas de panique : souvenez-vous comme vous êtes parvenus à vous adapter à tout… Et ce sera une belle occasion de redécouvrir notre beau pays après vous en être éloignés…
Je vous embrasse bien fort et à très vite,
Karinette
Le voyage terminé, nous avons plein de souvenirs dans la tête : de très belles rencontres, des paysages magnifiques et une expérience unique et inoubliable. Probablement qu'un jour, nous repartirons à l'autre bout du monde... En attendant, il faut que nous nous remettons au travail :-/ et que nous renflouons les caisses pour la prochaine aventure !
Merci pour votre visite... Et maintenant que nous sommes rentrés, on vous dit : à bientôt !
merci pour ce petit cours d’ histoire très intéressant!!!
he oui votre retour approche quel bonheur pour nous!!! mais pas trop pour vous je suppose, quel changement dans votre nouvelle vie…………
ce ne sera que super maintenant!!!!!!
énormes bisous à vous deux à très très bientôt
(merci pour votre adorable carte)
Le retour approche, mais j’espère que vous parvenez à profiter au mieux de cette dernière étape… Enfin, dernière étape, pas vraiment : peut-être que la dernière étape, finalement est la France… Peut-être que vous allez être aussi déboussolés qu’à votre atterrissage en Inde… Si c’est le cas, pas de panique : souvenez-vous comme vous êtes parvenus à vous adapter à tout… Et ce sera une belle occasion de redécouvrir notre beau pays après vous en être éloignés…
Je vous embrasse bien fort et à très vite,
Karinette
Coucou,
je viens de parcourir les dernières mise à jour, comme d’hab trop cool
Mais malheureusement le retour approche, profiter de ces dernières moments de bonheur.
Gros bisous.